Quinze ans après 2010 : L’Occident reste dans le piège du monopole chinois sur les terres rares

Quinze ans après 2010 : L’Occident reste dans le piège du monopole chinois sur les terres rares

Pékin maintient une domination stratégique inquiétante sur les terres rares, un contrôle qui s’étend à plus de 85 % du traitement mondial et près de 92 % des aimants. Depuis la suspension brusque des exportations chinoises vers le Japon en 2010, l’Occident a tenté de déplacer ses chaînes d’approvisionnement, mais les résultats restent partiellement échoués.

L’effort japonais, après des années d’investissements dans des partenariats avec le Canada et l’Australie, n’a pas réussi à éliminer la dépendance à Pékin. En 2018, les importations directes de terres rares chinoises représentaient encore près de 58 % du volume total. Une récente restriction de Pékin en 2025 a provoqué des perturbations dans l’industrie automobile japonaise, montrant à quel point une simple décision politique peut secouer les systèmes technologiques.

Les États-Unis, eux aussi confrontés à la vulnérabilité, ont alloué 12 milliards de dollars pour construire des stocks stratégiques et stimuler la production domestique. Cependant, le complexe processus d’extraction et de traitement des terres rares – nécessitant en moyenne plus de 50 étapes chimiques – rend ce défi extrêmement long. La création d’une mine moderne prend généralement 29 ans, un délai qui dépasse largement les cycles politiques.

L’expérience montre que la souveraineté sur ces ressources ne s’obtient pas par des décisions isolées ou des promesses de gouvernements. Elle exige une patience stratégique et des investissements massifs, des éléments que les systèmes électoraux actuels n’incitent pas à prioriser. L’Occident a appris qu’en matière de terres rares, le contrôle ne se proclame pas : il s’impose à travers des décennies d’efforts.