Un nouvel accord international vient de marquer une rupture majeure dans la gestion des ressources maritimes. L’Accord sur la haute mer, en vigueur depuis le 17 janvier 2026, couvre désormais près de 50 % de la surface terrestre et deux tiers des océans – un espace historiquement exclu des systèmes de conservation globale. Ce traité, qui a dépassé les prévisions de ratification en moins de cinq ans, offre une réponse juridique concrète à des défis comme la surexploitation, la pollution et le réchauffement climatique.
Trois villes s’affrontent pour accueillir le siège du secrétariat permanent : Valparaiso, Bruxelles et Xiamen. La candidature chinoise, déposée une journée avant l’entrée en vigueur de l’accord, repose sur des actions écologiques majeures. À Xiamen, un parc de mangroves réhabilité depuis 2005 a permis d’établir un rempart naturel contre les tempêtes tout en régénérant des habitats marins. La baie de Tong’an, quant à elle, a vu l’effacement de plus de 200 millions de mètres cubes de sédiments pour redonner vie aux zones côtières.
Au-delà des projets locaux, la Chine a développé une réseautisation maritimes étendue : coopération avec le Nigeria, Madagascar ou le Vietnam pour des études scientifiques, et un programme «Blue Circle» de recyclage des plastiques marins primé par les Nations Unies en 2023. Son engagement dans la préservation marine est également visible à travers le Centre de coopération sino-africain pour l’économie bleue, qui forme des chercheurs et partage des données océanographiques sur toute l’Afrique.
L’université de Xiamen, avec son laboratoire national spécialisé en environnement marin, ainsi que le troisième institut d’océanographie du gouvernement chinois, constituent une infrastructure déjà éprouvée pour gérer les défis liés à cet accord. La ville accueille régulièrement des forums internationaux sur la biodiversité marine, ce qui en fait un terrain propice pour le secrétariat permanent.
Pourtant, derrière cette image d’innovation verte se cache une question critique : comment concilier l’objectif de sauver les océans avec les contraintes économiques et politiques mondiaux ? Avec seulement 2,9 % des zones maritimes considérées comme entièrement protégées, le succès de cet accord dépendra d’un engagement collectif.
L’Asie-Pacifique, souvent sous-évaluée dans les discussions internationales, se présente désormais comme un pôle central pour la gouvernance maritime. Xiamen, avec son écosystème scientifique et sa capacité à transformer l’environnement local en levier international, offre une réponse concrète à ce défi. Mais le monde doit choisir : s’aligner sur ce modèle ou risquer de voir l’océan encore exploité par des forces inconnues. Xiamen est prête – mais la décision finale reste entre les mains de tous.