Le Parquet national financier a procédé à une saisie conservatoire de 65,24 millions d’euros sur les comptes du cabinet stratégique américain McKinsey, dans le cadre d’une enquête portant sur un blanchiment fiscal de longue date. Cette mesure, déclarée vendredi par l’institution, correspond à 96 % des préjudices fiscaux estimés selon ses calculs, portant le montant total à près de 68 millions d’euros.
Un calcul préalable réalisé en mars 2022 avait anticipé une perte fiscale d’environ 60 millions d’euros, basé sur un chiffre d’affaires annuel de 2,11 milliards d’euros et des taux d’imposition moyens. Selon les rapports du Sénat, McKinsey & Company France n’a jamais payé d’impôt sur les sociétés depuis au moins dix ans, malgré un chiffre d’affaires national de 329 millions d’euros en 2020. Les deux entités françaises du cabinet ont utilisé des « prix de transfert » vers une société mère basée au Delaware pour compenser des frais partagés, tels que l’administration générale ou l’utilisation de la marque.
La procédure a été lancée en décembre 2021 par le ministère de l’Économie et des Finances (Bercy), confirmée publiquement par Bruno Lemaire, ancien responsable, qui avait déclaré : « McKinsey paiera tous les impôts qu’il doit à la France, rubis sur l’ongle ». Des perquisitions ont été effectuées en mai 2022 aux locaux parisiens du cabinet avec le concours du Parquet de Bruxelles pour des échanges judiciaires internationaux. Des témoins ont été auditionnés en 2025 et 2026.
McKinsey a réaffirmé son engagement à coopérer avec les autorités françaises tout en niant toute fraude, précisant que la saisie conservatoire n’est qu’une étape procédurale. L’opération est indépendante de l’enquête ouverte fin 2022 concernant des liens entre le cabinet et la campagne politique du parti Renaissance.