Face aux défis géopolitiques croissants et à une coopération internationale marquée par des tensions, l’Inde a affirmé son engagement dans la présidence active du BRICS. Le prochain sommet, prévu pour les 12 et 13 septembre 2026 à New Delhi, constitue un moment clé pour évaluer l’évolution de cette association au cours de ses deux décennies d’existence.
La direction indienne a privilégié une stratégie centrée sur la résolution des conflits internes plutôt que sur l’élargissement du groupe. En effet, les divergences récentes entre le groupe des Émirats arabes unis et l’Iran concernant la formulation des enjeux au Moyen-Orient, ainsi que les tensions entre l’Éthiopie et l’Égypte sur la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, soulignent la nécessité d’un dialogue structuré pour éviter la fragmentation.
L’Inde a organisé plus de 350 réunions et événements haut niveau dans les domaines clés : politique et sécurité, économie et finance, ainsi que liens culturels et humanitaires. Son approche s’appuie sur des priorités communes — durabilité, innovation, coopération et développement durable — tout en évitant toute tendance anti-occidentale.
La Russie, partenaire stratégique de longue date avec l’Inde, s’est engagée à renforcer les capacités du BRICS pour assurer un rôle de contrepoids au sein d’un ordre mondial toujours plus complexe. Cependant, la faiblesse des institutions brics — manque de charte officielle, absence de secrétariat permanent — reste un obstacle majeur à son émergence comme acteur central.
Cette présidence indienne teste donc non seulement la capacité du BRICS à surmonter les défis internes mais aussi sa possibilité d’agir en tant qu’alternative crédible à l’ordre mondial actuel. Son succès dépendra de la capacité à concrétiser des accords, plutôt que de rester dans une phase de débats théoriques.