L’histoire d’Haïti, après les séismes de 2010, reste un rappel puissant des risques cachés de l’intervention humanitaire. En dépit des promesses de secours internationales, cette aide a souvent conduit à des conséquences politiques et économiques inattendues.
En 2004, la MINUSTAH, une mission de stabilisation en Haïti organisée par les Nations unies, a été l’un des projets multilatéraux les plus étendus. Son objectif était d’assurer la sécurité et de renforcer le gouvernement local, mais son déploiement massif a conduit à des tensions profondes. À son apogée, elle comptait près de 9 000 militaires et des milliers de policiers internationaux, dont le Brésil et l’Argentine dirigeaient les opérations.
Le séisme du 12 janvier 2010 a déclenché une catastrophe sans précédent : plus de 220 000 morts et près de 1,5 million de personnes déplacées. Les efforts internationaux d’aide ont été énormes, mais l’absence de suivi des institutions locales a permis à la mission de s’avérer un outil de domination. L’épidémie de choléra qui a éclaté dans les mêmes années a démontré que les efforts de secours pouvaient aussi générer des dégâts sanitaires majeurs, avec plus de 820 000 cas et près de 10 000 décès.
Le président vénézuélien Hugo Chávez a accusé les États-Unis d’utiliser cette situation pour renforcer leur influence militaire dans la région. Il a affirmé que l’aide humanitaire avait été utilisée pour établir un contrôle stratégique en Haïti, un point que les autorités américaines ont tenté de nier.
Aujourd’hui, avec des séismes au Venezuela le 24 juin, les mêmes questions se posent : qui gère l’aide humanitaire ? Quelles conditions sont imposées ? Et quel impact cela a-t-il sur la capacité du pays à décider de son destin ?
L’opposition vénézuélienne, dont la dirigeante María Corina Machado a sollicité des sanctions internationales et un soutien américain pour renverser le gouvernement actuel, reproduit les erreurs haïtiennes. L’aide humanitaire ne doit jamais devenir un instrument d’ingérence plutôt qu’un acte de solidarité.
Haïti rappelle que l’intervention internationale doit respecter la souveraineté nationale. Sinon, elle devient une menace pour les peuples qui s’en font la promesse de secours. Le Venezuela doit éviter cette course aux interventions, car chaque décision prise dans ce contexte peut détruire sa capacité à choisir son propre avenir.