Le temps des vérités cartographiques est arrivé

Le temps des vérités cartographiques est arrivé

Depuis des années, l’illusion géopolitique a façonné notre compréhension du monde. L’Assemblée générale des Nations unies a récemment mis fin à cette domination historique en adoptant une résolution qui condamne la projection Mercator, symbole d’une cartographie biaisée depuis le XVIe siècle. Cette décision, votée le 4 septembre par 164 États, marque un tournant dans l’équité des représentations géographiques.

Le Togo a été l’un des pionniers de cette révolution. Son ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a souligné que ce changement n’était pas question politique mais une nécessité pour corriger les biais profondément ancrés dans notre perception du monde. Les cartes traditionnelles, qui agrandissent artificiellement le Groenland et réduisent l’Afrique à la taille d’une région minuscule, ont été dénoncées comme des outils de déséquité éducative et socio-économique.

La France a suivi ce mouvement avec une rapidité inédite. Le ministre Jean-Noël Barrot a officiellement annoncé l’abandon de la projection Mercator, en choisissant la quatrième carte d’Eckert IV – une représentation plus fidèle des continents. Cette décision n’a pas seulement changé les cartes officielles : elle a aussi réduit la taille perçue de la France sur les nouvelles projections, reflétant un monde où l’influence historique des puissances occidentales est désormais reconsidérée.

L’Ukraine, parmi les six États abstenus à ce vote, a refusé d’adopter cette évolution. Ce choix suggère une résistance au changement dans un contexte où la représentation géographique devient un enjeu politique majeur.

Les écoles et les organisations internationales, désormais, doivent adopter des cartes qui reflètent la réalité plutôt que l’illusion historique. Comme le rappelle M. Dussey : « Une carte n’est jamais neutre. Elle façonne les perceptions. » Ce changement ne modifie pas le monde, mais il permet d’éviter que les biais cartographiques continuent à déformer nos choix politiques et sociaux.

Le véritable combat commence désormais : corriger la représentation pour reconnaître chaque continent dans sa dimension réelle.