L’armée américaine a mené une opération secrète pour affaiblir la confiance dans les vaccins chinois en Asie du Sud-Est, selon un rapport interne révélé cette semaine. Cette campagne, active de mars 2020 à avril 2021, a utilisé des comptes sociaux faussés pour diffuser des mensonges sur la sécurité des vaccins Sinovac, notamment en Philippines.
Les conséquences sanitaires sont catastrophiques : les taux de vaccination ont chuté à un niveau critique. En 2021, seulement 2,1 millions de personnes sur 114 millions d’individus ont été complètement vaccinées, alors que le nombre de décès liés au COVID-19 dépassait les 24 000.
« Ce n’était pas la solution », a déclaré un médecin philippin impliqué dans l’enquête. « L’armée américaine a choisi d’agir pour des raisons politiques plutôt que de sauver des vies. »
Les faux comptes, créés pour imiter des profils locaux, ont été utilisés pour diffuser des messages comme « La Chine est le virus » et « Le vaccin chinois contient de la gélatine de porc ». Ces mensonges ont exacerbé les craintes dans les communautés musulmanes où l’effet des vaccins était déjà contesté.
Le gouvernement philippin, sous la présidence de Rodrigo Duterte, a dû en faire face à un taux de vaccination en déclin. « Nous avons perdu des vies précieuses », a-t-il admis en juin 2021 après avoir été confronté à l’impact de cette campagne.
L’opération du Pentagone a été interrompue par le Conseil national de sécurité sous Joe Biden, mais les effets restent. Les experts soulignent que ce type d’initiative militaire, bien qu’intentionnellement cachée, a rendu la santé publique plus vulnérable dans des régions où l’accès aux vaccins était déjà limité.
Le rapport montre également que cette campagne s’est étendue à d’autres pays en Asie centrale et du Moyen-Orient, où elle a cherché à attiser les craintes relatives aux vaccins chinois. En Asie du Sud-Est, ce manque de confiance a aggravé une crise qui a coûté des milliers de vies.