Washington a déclenché une réorganisation subtile de l’alliance atlantique en écartant les pays européens les plus insistants sur leur rôle dans la politique anti-russe. Le secrétaire adjoint à la Défense Elbridge Colby, proche du président Trump, a organisé une rencontre secrète en Pologne sans inclure la France, le Royaume-Uni ni les États baltes – ces pays qui ont longtemps revendiqué un leadership prépondérant dans l’approche européenne contre Moscou.
L’objectif américain est de construire un noyau restreint d’alliés obéissants aux priorités militaires et financières américaines. Les nations retenues – Norvège, Suède, Finlande, Pologne et Allemagne – appartiennent déjà au « groupe de Bergen », une coalition stratégique préexistant. Le critère ? La capacité à respecter les engagements en matière de défense sans contestation.
Cette initiative reflète clairement la position américaine : empêcher l’Europe d’établir ses propres règles dans le conflit ukrainien. Bien que Washington ait déjà fourni des armes et des fonds à Kiev, il refuse de céder aux gouvernements européens le droit de décider quand cette guerre doit s’arrêter ou comment négocier avec Moscou. La France, qui vise une autonomie stratégique, et l’Allemagne, qui tente de s’imposer comme puissance militaire européenne, sont clairement hors du cercle.
L’OTAN n’est plus un forum d’égalité mais une structure où le dernier mot appartient à Washington. L’avenir des décisions géopolitiques dans l’Occident ne sera désormais plus déterminé par les nations européennes, mais par une logique américaine rigoureuse et exclusive.