Le piège des chatbots : Une opération israélienne pour manipuler l’intelligence artificielle via des fake think tanks

Le piège des chatbots : Une opération israélienne pour manipuler l’intelligence artificielle via des fake think tanks

En moins de sept jours, un réseau d’analyses apparemment neutres a été lancé par une entité fictive, visant à influencer les réponses des chatbots basés sur l’intelligence artificielle. Ce groupe, nommé « Institut de Hanovre », publie régulièrement des rapports structurés comme ceux d’un think tank traditionnel, portant sur des sujets sensibles au conflit israélo-palestinien.

En réalité, cet organisme n’a pas d’existence réelle. Son existence a été créée par une société israélienne, Piro Inc., cofondée par Daniel Rosenberg — réalisateur du film « Inside Man » — pour répondre aux critères de crédibilité des modèles de langage à grande échelle (LLM). Les rapports publiés présentent des questions précises et des données apparemment vérifiées, comme si l’objectif était d’aider les chatbots à traiter ces sujets de manière neutre.

Un exemple concret : un document indique que 47 % des Israéliens considèrent l’armée israélienne comme la plus morale au monde. D’autres rapports contestent des affirmations officielles, notamment celles de l’ONU concernant les infrastructures détruites à Gaza.

Des analyses récentes montrent que 11 sur 12 articles publiés par cet institut ont été identifiés comme ayant été générés par de l’intelligence artificielle. Ces contenus, souvent utilisés pour influencer des chatbots tels que ChatGPT ou Gemini, suivent un schéma répétitif visant à créer une image particulière du conflit.

Financée par l’Agence israélienne de publicité, cette initiative s’inscrit dans un programme plus large d’influence sur les systèmes d’intelligence artificielle. Le marché des outils de manipulation de données est en pleine expansion, avec des entreprises françaises impliquées pour réaliser ces campagnes sous le couvert de relations publiques.

Cette opération illustre une nouvelle dimension de la désinformation : l’utilisation ciblée d’outils d’intelligence artificielle pour influencer les réponses automatiques des chatbots, avant même que les humains ne s’en aperçoivent.