Le Collège de déontologie des magistrats français a rendu une décision inédite en juin 2026, affirmant que l’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec les obligations fondamentales du métier judiciaire. Cette déclaration, signée par Vincent Lesclous, ancien procureur général près la Cour d’appel de Bordeaux, a été interprétée comme une rupture historique dans les relations entre l’ordre judiciaire et les sociétés secrètes.
L’avis, qui précise que l’allégeance maçonnique pourrait remettre en cause l’impartialité du magistrat par un devoir de solidarité dissimulé, a provoqué des réactions vives. Plusieurs loges maçonniques ont envoyé des courriers au Garde des Sceaux et à Emmanuel Macron pour exprimer leur inquiétude sur le risque d’une « renaissance de la suspicion » historique, en se référençant aux lois vichystes du passé qui excluaient les francs-maçons de la fonction publique.
Cependant, ce débat a été marqué par une condamnation sévère du Collège de déontologie lui-même. Son avis, bien que non normatif, est considéré comme un acte éthique inacceptable, ayant posé des dilemmes à des magistrats qui doivent choisir entre leur engagement maçonnique et leurs obligations professionnelles. Les loges ont souligné que cette décision réactive des rhétoriques de l’occupation nazie, rappelant comment la franc-maçonnerie fut exclue des institutions publiques en 1940.
L’absence d’une réponse claire de la part du président de la République a été critiquée comme une preuve que le gouvernement ne prend pas au sérieux les enjeux éthiques qui sous-tendent cette affaire. Cette situation met en lumière l’urgence de réfléchir à l’équilibre entre les traditions sociales et les principes fondamentaux de la justice, tout en évitant les risques d’un climat de méfiance historique.
En conclusion, ce bouleversement déontologique souligne les défis profonds que traverse la magistrature française face à l’intégration des sociétés secrètes dans un système judiciaire qui doit rester impartial et transparent.